Projet de reconnaissance patrimoniale des savoir-faire, des connaissances et des usages des plantes médicinales

Pour savoir comment participer à cette démarche, voir plus bas dans le texte.

Explication de la démarche

Cette démarche proactive citoyenne menée par l’Herbothèque et appuyée par la Guilde des Herboristes a débuté au mois de novembre 2014. Cela faisait plusieurs fois que la Guilde parlait du besoin d’entreprendre un tel projet, mais faute de temps, les intéressés devaient le mettre de côté. Natacha Imbeault, directrice de L’Herbothèque, a donc décidé de proposer ce projet à l’occasion du Colloque de la Guilde des Herboristes au mois de novembre et a décidé d’aller de l’avant, avec l’appui d’un comité d’herboristes.

La Loi sur le patrimoine culturel est ce que l’on appelle une loi d’ordre public, c’est-à-dire à l’avantage de l’ensemble de la population, au-delà des intérêts privés. La notion du Patrimoine Immatériel et Vivant vient de l’UNESCO dans le but de répertorier, protéger et promouvoir les connaissances et savoir-faire liés au patrimoine et traditions. Dans ce cas-ci par exemple, les corporations ou ordres professionnels ne pourraient pas s’octroyer un acte réservé de prescription sur quelque chose qui est reconnu comme patrimonial. Nous trouvions important de faire cela au Québec pour l’usage des plantes médicinales, justement pour que cela ne fasse pas comme dans d’autres pays, où c’est seulement les médecins et pharmaciens qui ont des droits de prescription et de vente des plantes médicinales. La reconnaissance patrimoniale est une façon de faire reconnaître la valeur de l’utilisation des plantes médicinales dans toutes les sphères de la vie et d’en protéger l’accès pour tous.

Voici les faits qui nous poussent à faire cette demande :

  • L’usage des plantes médicinales est un outil qui contribue à la santé de la population en général, et ce, depuis des milliers d’années. Facilement accessible pour tous, sécuritaire avec un minimum de connaissances, peu coûteuse, l’utilisation de plantes se fait souvent avec des produits locaux et se pratique avec les outils que l’on a dans notre cuisine. Ce qui en fait habituellement un choix écologique.
  • Notre histoire du Québec est remplie d’archives et d’anecdotes au sujet de l’utilisation des plantes médicinales. Dès l’arrivée des premiers colons, l’équipage de Jacques Cartier qui souffrait de scorbut a été sauvé par les Hurons grâce à des décoctions de pin blanc. Les plantes médicinales font toujours partie de la vie et de la culture des premières nations qui ont une grande connexion avec la nature et qui possèdent des connaissances à leur sujet provenant de leurs ancêtres. Elles étaient utilisées par les premiers colons, ainsi que par les sœurs hospitalières des Augustines qui étaient apothicairesses (base de la pharmacie actuelle). On peut rapidement s’apercevoir qu’il y a eu un métissage entre les connaissances d’Europe et d’Amérique.
  • L’usage des plantes médicinales est une médecine de première ligne qui peut aider à désengorger notre système de santé en misant sur la prévention. Ceci permettrait d’utiliser le système de santé pour s’occuper de cas plus graves pour lesquels l’herboristerie a moins d’outils.
  • Notre idéal : vivre dans une société dont les individus reconnaissent les qualités et limites de chaque profession, permettant de faire des choix éclairés, et que les diverses professions travaillent en partenariat et complémentarité dans le respect des forces de chacune.

Aussi, nous croyons que le fait de recevoir cette désignation pourrait :

  • Favoriser la connaissance, la protection, la mise en valeur et la transmission de ce précieux patrimoine culturel vivant du Québec;
  • Garder vivantes les connaissances sur l’utilisation des plantes médicinales d’hier à aujourd’hui, autant celles provenant des communautés autochtones que le savoir amené par les premiers colons.
  • Protéger la biodiversité végétale.
  • Assurer la pérennité d’entreprises et de thérapeutes sur le territoire québécois : thérapeutes (naturopathes, herboristes, phytothérapeutes, aromathérapeutes, etc.), ainsi que les entreprises de transformations, distribution, etc.

Selon la loi sur le patrimoine culturel, le patrimoine immatériel est défini comme « les savoir-faire, les connaissances, les expressions, les pratiques et les représentations transmis de génération en génération et recréés en permanence, en conjonction, le cas échéant, avec les objets et les espaces culturels qui leur sont associés, qu’une communauté ou un groupe reconnaît comme faisant partie de son patrimoine culturel et dont la connaissance, la sauvegarde, la transmission ou la mise en valeur présente un intérêt public » (article 2).

Le sondage et l’analyse des données

Donc suite à notre rencontre au bureau du Ministère de la Culture en novembre, nous avons entrepris de créer un sondage en ligne nous permettant d’avoir des données factuelles réelles sur les savoir-faire, les connaissances et l’utilisation des plantes médicinales de la population québécoise. Données qui nous serviraient pour la demande de désignation auprès du Ministère. Cette étape s’est terminée le 16 février dernier. 1096 personnes ont participé en répondant au sondage et 902 sondages furent dûment complétés. Les résultats sont très concluants pour notre démarche, c’est-à-dire que l’on y comprend que ce n’est pas seulement des thérapeutes qui utilisent les plantes pour se soigner, mais plutôt la plupart des gens, dans leur quotidien. On peut y constater que la grande majorité de nos répondants utilisent les plantes médicinales pour eux-mêmes et leurs proches. Les principales raisons de leur utilisation sont : 79,18% des gens ont répondu que c’est pour se soigner naturellement, 60,25% des gens ont répondu que c’est pour leur autonomie alimentaire et médicale et 56% en prévention. Pour ce qui est de la transmission des connaissances, les gens ont dit que le transfert de connaissances se fait surtout auprès de leurs amis et des membres de leur famille. Finalement, la question sur les formes et les usages des plantes médicinales nous a permis de constater que toutes les formes sont utilisées selon le besoin ou les préférences.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Une pétition en ligne
De plus, nous avons lancé une pétition en ligne pour venir compléter la demande de désignation que vous pouvez signer en cliquant sur le lien suivant.

Nous vous invitons à signer la pétition et la faire circuler dans vos réseaux afin qu’un maximum de gens puisse participer et ainsi offrir leur appui au projet.

Nous croyons que nous pourrons déposer la demande de désignation au printemps et si nous recevons des lettres d’appui après la date de dépôt de la demande, nous les ferons parvenir dans un second temps au ministre de la Culture. Il n’est donc pas trop tard pour appuyer le projet ! En espérant pouvoir vous compter parmi les collaborateurs de ce projet. Peu importe votre occupation, votre appui en est un qui compte beaucoup !

Nous remercions infiniment tous les gens qui ont participé et qui participeront au projet. Nous vous tiendrons au courant des développements dans une prochaine édition de notre journal Terre de Vie et sur cette page. Une fois la demande déposée, la réponse du Ministère peut prendre de quelques mois à plus d’un an.

Les lettres d’appuis
Suite au sondage, les gens sont invités à participer en nous faisant parvenir une lettre par courriel ou encore par la poste : 642, croissant des Trois-Lacs, Lantier, J0T 1V0. Vous pouvez aussi télécharger un modèle de lettre que vous trouverez plus bas et que vous pourrez personnaliser.
Cliquez sur le lien, pour télécharger un modèle de lettre d’appui (format .DOC).
Merci de votre intérêt et de votre participation !

L’équipe du projet de reconnaissance